PASCAL TESSAUD REVIENT SUR LA SORTIE EN SALLE DE BROOKLYN LE FILM A PARTIR DU 23 SEPTEMBRE

 

Qu’est ce que l’on ressent quand on vous annonce que votre film va finalement sortir en salle ?

PASCAL TESSAUD : De la joie, de la surprise, et aussi du stress car c’est mon premier long métrage. Ce projet je le porte sur les épaules depuis plus de 3 ans. On a franchit beaucoup d’obstacles, car sortir un film guérilla en salle, c’est plus du sport de combat ! c’est un sacerdoce…Pendant longtemps on a cru que ça serait impossible. Sortir des clous en France est difficile. On n’a respecté aucune règle de l’industrie du cinéma, mais au final on doit la sortie à notre distributeur UFO qui a eu très tôt un vrai coup de coeur pour Brooklyn et qui nous a aidé à trouver des solutions pour le légaliser. Je leur tire un gros coup de chapeau. Sans leur esprit indépendant et leur professionnalisme, le film n’avait pas beaucoup de chance d’exister en salle. UFO aime prendre des risques et ça collait vraiment à l’état d’esprit de notre film.

Comment résumer l’état d’esprit de tous les participants sur un projet qui paraissait très difficile dès le début ?

PASCAL TESSAUD : En un seul terme: H.i.P H.O.P. La plupart des gens de mon casting ce sont des gens qui luttent en indépendant pour s’exprimer dans leur Art tous les jours: Beatmakers, DJ, Graffeurs, Rappeurs etc. Ils font de leur passion un mode de vie alternatif qui leur sort du train train quotidien: le travail, le chômage, le déterminisme social etc. Faire un film comme Brooklyn c’est rassembler des passionnés autour d’une même dévotion pour un Art, s’exprimer librement, prendre du plaisir et partager des sensations fortes. Ce tournage guérilla était très fatiguant pour tout le monde, mais aussi extrêmement excitant car on savait qu’on faisait une chose pas réglementaire, pas autorisée pour des mecs de banlieue. Et du coup ce kiff là de faire un truc inédit en pirate, ça donne de la force et de la fraîcheur à tous les participants.

Si vous deviez résumer cette aventure.

PASCAL TESSAUD : Détermination. On était tous déterminés à exister à l’écran, à ne pas abandonner en cours de route, se battre, être débrouillards pour faire, créer. C’est un grand cri de 40 personnes unies et déterminées qui ne lâchent rien et qui transmettent un message fort.

Et si c’était à refaire ?

PASCAL TESSAUD : Je le referai c’est sûr. Même si on perd beaucoup de plumes dans la bataille, on risque sa vie sociale en quelque sorte, avec des dettes sur les épaules et plein de doutes. Ce film a été pour moi un vrai test pour connaître mes ressources personnelles, mon énergie, on puise dans sa force. Dans l’adversité, on réfléchit moins, on se bat tous les jours pour trouver des solutions positives et nécessaires. C’est un combat contre soi-même, ses doutes. Il faut avoir la foi. Moi qui suis athée de famille, je crois que j’ai la foi. On a traversé des montagnes, avec une équipe de fous furieux, qui avait la gnack. Et Seul, on ne peut pas faire du cinéma. Ce que l’on a fait ensemble et bien je crois que personne de l’équipe ne l’oubliera. C’était un pari fou, risqué et il s’en dégage au final de la sueur, du combat et de la magie. Brooklyn c’est vraiment l’oeuvre d’un collectif. Cette expérience collective, c’est vraiment magnifique. Tout n’est pas rose tous les jours, mais on est au coeur de l’humain, de ses contradictions, de son rythme vital. C’est ce qui se dégage du film: beaucoup d’énergie et une soif de vivre absolue.

Quelles sont donc les prochaines échéances ?

PASCAL TESSAUD : Nous montrons le film à la presse en premier. On verra bien comment ça réagit ! et après on va montrer le film dans différentes villes pendant plusieurs semaines, à la rencontre du public dans des endroits super variés. On a hâte que ça commence, pour que le film existe enfin ! et que je puisse aussi passer à autre chose car ça fait 3/4 ans que je suis dessus presque tous les jours. Il faut passer à autre chose. Ce qui est sûr c’est qu’un film guerrilla, on n’en fait pas deux dans sa vie d’adulte. Je suis fier du résultat et du boulot de mon équipe, mais je ne pourrais pas le faire deux fois.
C’est une belle victoire pour toutes les personnes de l’équipe qui n’auraient jamais cru faire un long métrage dans leur vie. Je leur ai montré qu’avec un mental de résistant, on pouvait renverser des montagnes. Donc au-delà d’une carrière quelconque, ce film nous donne à chacun de la confiance, de la dignité. On se voit, on échange en deux secondes un regard, on sourit et on se dit: putain on l’a fait ! (rires)

Lien vers l’interview de Pascal TESSAUD au moment du financement sur kisskiss bankbank : http://www.cultures-urbaines.fr/pascal-tessaud-realisateur-du-film-brooklyn-interview/

Lien fb du film BROOKLYN LE FILMhttps://www.facebook.com/pages/Brooklyn-le-film/1418290815066498

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