Soklak Elgato artiste peintre graffeur, MC et beatmaker (Interview)

 

Peux tu te présenter.
SOKLAK ELGATO : SOKLAK ELGATO, artiste peintre, graffeur, MC, beatmaker.

Quelle est l’origine de ton blaze ?
SOKLAK ELGATO : J’ai des origines polak et j’ai trouvé que ‘SOKLAK‘ sonnait bien. A la base c’était mon blaze de MC, et puis j’ai fini par m’en servir aussi dans le graffiti. Avant ça j’ai aussi posé ‘FYKS‘.

SOKLAK ELGATO

Comment es-tu arrivé dans le monde du graffiti ?
SOKLAK ELGATO : Enfant, en voyant des tags dans le métro, j’étais fasciné et intrigué par ces inscriptions dégoulinantes. Sans en connaitre les codes ni le sens, ça suscitait beaucoup de questions en moi. J’ai très vite eu envie de faire la même chose. Quelques années plus tard, à l’adolescence, on s’est procuré des bombes avec un pote et on a fait notre première sortie nocturne dans Montreuil. Je posais ‘AGE‘ à l’époque et lui avait écrit des noms de groupe de rap, genre « Cypress ». Ensuite j’ai rapidement intégré les collectifs MCZ et 132.

Comment te viennent les idées, les sujets ?
SOKLAK ELGATO : A la fois du quotidien et des choses qui m’ont marqué visuellement et imprégné depuis l’enfance.

Des artistes, graffeurs, qui t-ont influencé ? Des mouvements artistiques ?
SOKLAK ELGATO : Georges Mathieu, Hassan Massoudy, Arman, Alberto Magnelli, Keith Haring, Jean Dubuffet, Chaz Bojorquez, Retna, Revok, Kofie, Lookis…
Le cubisme, le futurisme, et l’art moderne en général m’ont beaucoup marqué.

Quelles sont les techniques que tu utilises pour réaliser tes œuvres ? De nouvelles que tu as envie d’essayer ?10959516_799559266765663_4030209065823549240_n
SOKLAK ELGATO : Principalement bombe aérosol, peinture acrylique, encre, marqueur, pinceau, aérographe…
Il y a quelques temps j’ai amorcé un travail en volume, des sculptures graffiti en 3D avec éclairage intégré. J’aimerais beaucoup développer ce projet avec des outils et techniques utilisés en design, comme l’imprimante 3D.

Tu as intégré plusieurs collectifs à tes débuts, tu peignais dans de nombreux terrains vagues, tu continue ?
SOKLAK ELGATO : Oui c’est la base, j’ai jamais envisagé d’arrêter le graff parce que je fais des toiles. Peut-être que je le fais moins aujourd’hui mais c’est surtout parce qu’il n’y a plus autant de terrains qu’à l’époque.

As tu maintenant besoin de t’isoler quand tu graff ou d’une certaine ambiance ?
SOKLAK ELGATO : Non pas vraiment, le graff t’apprend à poser ton nom dans des conditions parfois tendues. Mais j’aime beaucoup l’ambiance usine désaffectée avec des murs vierges qui ont une belle patine, le silence qui domine et la végétation qui reprend ses droits en lézardant le béton.

Pourquoi diriger la plus grande partie de ton travail sur le lettrage ?
SOKLAK ELGATO : Je viens du graffiti et c’est ce que je maitrise le mieux, mais j’ai tendance à rendre les lettres presque illisibles au profit d’une composition abstraite et géométrique.

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Essayes-tu de faire passer un message dans tes fresques ?
SOKLAK ELGATO : Le style est le message. Ma musique étant le principal moyen de faire passer mes idées, dans ma peinture je me concentre plus sur la forme que sur le fond.

Y’a t-il une oeuvre dont tu es particulièrement fier ?
SOKLAK ELGATO : Non, j’essaie d’être content de chaque toile ou chaque graff. Ce qui me fait plaisir c’est de ne pas stagner en essayant de me renouveler sans cesse.

Un artiste avec qui tu aimerais travailler ? Un lieu précis où tu aimerais poser tes oeuvres ?
SOKLAK ELGATO : J’ai récemment travaillé avec la designeuse MARIA PERGAY sur la customisation d’un de ses sièges « ruban ». J’aime les collaborations inattendues avec des artistes qui viennent d’autres disciplines ou qui utilisent des techniques et des matériaux différents des miens. La rencontre n’en n’est que plus riche et originale. Je n’ai pas vraiment de lieu de prédilection pour poser mes œuvres mais j’aimerais beaucoup passer à des formats XXL genre façade d’immeuble.

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Des lieux rêvés pour poser ton nom ? A l’étranger ?
Partout où c’est possible et surtout à l’étranger! J’ai peint à Copacabana (Rio), rien que le nom me faisait rêver et ça reste un bon souvenir.

La relation avec les passants, quand on n’est pas destiné à ça ou habitué, on ressent quoi ? Même question avec le public de galerie ?
SOKLAK ELGATO : Généralement c’est plutôt positif et c’est intéressant de voir comment les gens perçoivent ton travail. Ça te donne un autre angle de vue que le tiens et ça peut même parfois te donner des idées.

SOKLAK ELGATOTu es un artiste « touche à tout » : peinture, photographie, bodypainting, design, d’où te vient cette grande ouverture d’esprit ?
SOKLAK ELGATO : Pour moi ces disciplines sont liées même si les outils sont différents. Ça reste l’expression d’une seule et même personnalité. Ce sont juste des moyens différents d’exprimer ma créativité. Les idées qui me viennent en tête ne sont pas toujours liées à la peinture donc je me laisse la liberté d’intervenir dans d’autres domaines.

Qu’est ce qui différencie, pour toi, le graffiti des autres formes d’art ?
SOKLAK ELGATO : Le graffiti permet de se réapproprier l’espace urbain et de s’exposer au regard des gens, un genre de galerie sauvage à ciel ouvert.

Comment trouves-tu la direction que prends le graffiti ces dernières années ?
SOKLAK ELGATO : Je suis content de voir que les institutions reconnaissent notre talent et que l’art contemporain urbain soit reconnu comme un courant pictural à part entière. Mais ça entraine aussi son lot de récupération en tout genre, pas toujours de bon goût…

Des formules chocs, souvent ironiques et drôles, parfois graves et profondes dans tes titres, d’ou te vient cet état d’esprit libéré ?
SOKLAK ELGATO : J’ai grandi dans un milieu populaire et baigner dans l’argot et les expressions à l’ancienne ça aide à développer la gouaille et un certain sens de la formule. Je ne me voyais pas faire de la musique en adoptant un discours lisse dans le but de plaire au plus grand nombre. Pour moi c’est un moyen de se faire entendre, c’est aussi un exutoire, un moyen de se sentir libre.

Autre activité à côté du graff, la musique. Parle nous de ta carrière musicale.
SOKLAK ELGATO : J’ai commencé le rap en 1997. Après une vingtaine d’apparitions mixtape et de nombreux concerts, je sors mon premier album « 1977 » courant 2006, précédé de peu par la mixtape « Not for sale ». En 2012 j’ai sorti le EP « Maow Airlines » et je prépare actuellement mon prochain album rap qui sera peut-être le dernier. Parallèlement je fais aussi des instrumentaux hip hop connoté trip hop voire même électro. J’espère sortir un projet regroupant ces sons.

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Quelles sont tes prochaines dates en 2015 ou projets ?
SOKLAK ELGATO : Je suis en pleine préparation de l’exposition qui se tiendra à la GALERIE NUNC dès le mois de mars 2015. Une exposition dans une galerie à La Réunion est prévue pour l’automne 2015. Et sinon toujours des ventes aux enchères, des projets de fresques, etc…

Tu seras bientôt à la Galerie Nunc! Paris, peux-tu me parler des œuvres que tu as choisi d’exposer et de la performance que tu réaliseras le jour du vernissage ?
SOKLAK ELGATO : J’ai choisi deux séries différentes basées sur l’écriture. La première étant très colorée et basée sur une accumulation de mots, la seconde plus orientée sur le mélange de calligraphie et de graffiti, plus souvent appelé « calligraffiti ». Le jour du vernissage j’exécuterai des calligraphies sur la vitrine de la galerie.

 

Site de SOKLAK ELGATO : http://soklakelgato.com/

Page Fb de SOKLAK ELGATO : https://www.facebook.com/pages/Soklak-Elgato-peintre/138567249531538

 

Crédits photos Page Fb de SOKLAK ELGATO : https://www.facebook.com/pages/Soklak-Elgato-peintre/138567249531538?sk=photos_stream

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