L’artiste Thomas Mainardi, artiste plasticien, nous donne sa vision de sa vie d’artiste et nous explique comment il appréhende ses nombreuses sources d’inspiration.

Peux-tu te présenter ?

Thomas Mainardi : Je suis un artiste plasticien né à Lille en 1984. Je travaille entre Paris et Lille et j’expose mes œuvres dans des galeries et musées à travers le monde : En France bien entendu mais aussi en Belgique, Autriche, USA, Chine, Maroc, Italie, etc…
Mon travail se situe à mi-chemin entre Pop-Art, l’expressionnisme abstrait et art urbain et s’oriente vers principalement vers l’humain.

thomas mainardi street art pop

Comment en es-tu arrivé à peindre, dessiner ?

Thomas Mainardi : Ce fut un long cheminement personnel quasi ininterrompu. J’ai toujours peint et dessiné, d’aussi loin que je me souvienne… Sur différents supports et en expérimentant toutes sortes de techniques empiriques et plutôt personnelles. J’ai tout d’abord commencé par dessiner comme la plupart des enfants… Puis petit à petit, je me suis découvert une passion dévorante pour tout ce qui relevait de la création dans son ensemble. Me retrouver seul pour dessiner, peindre, modeler, sculpter, découper, coller, me procurait plaisir, harmonie intérieure et fierté.

Ensuite j’ai expérimenté la BD que je revendais (déjà) contre une pièce de 10 francs à ma grand-mère, mais aussi composant des herbiers ou rassemblant plumes ou papillons que je chassais, enfant, dans des albums. Je lisais beaucoup, comparant les approches des différents ouvrages sur de nombreux thèmes axés sur la nature, l’Art, l’Histoire de l’Homme, des dinosaures, animaux, des plantes, de la technologie ou de l’Univers. Je rêvais d’être ingénieur des eaux et forêts, paléontologue, astronome, pilote de chasse… ou bien artiste.

J’ai eu également une période « peinture sur figurines » très fines et détaillées sur lesquelles je pouvais passer des dizaines voire des centaines d’heures. J’ai d’ailleurs remporté un concours international à Paris en 1999.

Puis vint l’époque de l’adolescence et de ce fait de la rébellion anticonformiste. Synonyme pour moi de Hip-Hop, rap et graffiti.
J’ai fondé un petit groupe de rap et j’ai fait du graff pendant 1 an ou 2 avant d’arrêter suite à une amende salée pour un bloc sur un mur antibruit de TGV.

Enfin pendant mes études supérieures (Communication, Marketing et Publicité), j’ai repris goût à la peinture en elle-même et j’ai commencé à travailler sur toile. Ne connaissant personne dans le milieu artistique parisien, venant moi-même du Nord, j’ai réalisé un book, une fois que mon travail commençait réellement à tracer un fil rouge devant moi. Avec cet outil, je suis tout simplement allé au culot voir des galeries à Montmartre. Très rapidement une petite galerie m’a donné ma chance et j’ai commencé à exposer en Janvier 2009 comme cela.

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Est ce que des artistes t’ont donné cette envie de peindre , et d’en vivre ?

Thomas Mainardi : Énormément m’ont donné envie de peindre, de créer, m’ont fait rêver… Pour ce qui est d’en vivre, je ne sais pas. Mais je ne conçois pas le métier d’artiste comme envisageable à mi-temps. D’ailleurs, je ne crois pas que le fait d’être artiste soit un métier. Ce serait plutôt pour moi un état, une condition, un chemin…
Comme le disait si justement Confucius : « Choisis un travail que tu aimes et tu n’auras pas à travailler un seul jour de ta vie. » Rien n’est plus vrai. La preuve en est qu’un artiste ne s’arrête pas de créer à la retraite, mais le jour de sa mort.
Toutes les époques ont apporté leur pierre à l’histoire de l’art et sont donc intéressantes pour moi.

Énormément d’artistes m’ont inspiré et continuent à le faire. Salvador Dali, son talent pictural, son imaginaire, ses couleurs et son personnage fou mais aussi tellement conscient de son époque à la fois.
Delacroix aussi pour la force de ses toiles, avec une architecture construite comme des pièces de théâtre.
Warhol dont certaines œuvres sont géniales. Un grand visionnaire, d’une grande influence encore aujourd’hui et pour longtemps.
Mark Rothko ou Jackson Pollock pour le mystère de leur expressionnisme abstrait.
Gustav Klimt évidemment, ou Alphonse Mucha… J’adore leurs traits et leur façon d’appréhender les sentiments humains.
Cela me parle énormément. Mes inspirations peuvent aussi venir de la musique ou de toutes autres formes d’art.

thomas mainardiUne formation particulière dans l’art?

Thomas Mainardi : Non, je suis totalement autodidacte ! J’ai fait des études de Communication publicitaire, du côté commercial, avant de devenir Directeur Artistique d’une agence à Paris, puis de créer ma propre agence avant de revendre mes parts en Septembre 2009 pour me consacrer intégralement à mon art. Depuis 7 ans maintenant, je suis artiste professionnel à temps plein.

Quelles sont les techniques que tu utilises ?

Thomas Mainardi : Je travaille principalement sur toile ou panneau de bois, lorsque je peins, et avec peinture acrylique et aérosol. Mais de nombreux éléments viennent s’ajouter à ces techniques selon les toiles : Posca, pigments, encres, pastels secs ou gras, gesso, sable, feuilles d’or, matériaux marouflés comme le plastique, carton, bois, papier…
Je sculpte également un peu, et réalise des estampes comme les sérigraphies.
Et j’interviens encore régulièrement sur murs lorsqu’un projet m’est proposé et qu’il me botte, comme l’année dernière à Molitor ou à l’Espace Dali.

Quelles sont celles que tu aimerais utiliser ?

Thomas Mainardi : Il y a encore bien des techniques que j’aimerais approfondir. Comme la sculpture en bronze. Je m’intéresse aussi aux impressions 3D.

Quelle est ton approche de l’art urbain ?

Thomas Mainardi : L’humain est l’élément central. Dans mon travail comme dans les partenariats que je mets en place avec des organisateurs d’événements, responsables des lieux ou les autres artistes.
Pour le reste, mon travail central restant en atelier, pour moi travailler un mur ou une toile reste une expérience similaire, qui reste un pur plaisir. La solitude ou le travail de groupe différant…
Et bien sûr le côté gratuit et public de l’art urbain qui reste en soi sa force et sa beauté.

thomas mainardi street art pop molitor

Un thème récurrent, la femme.

Thomas Mainardi : Une obsession pour moi, en effet. Mais pour le coup, rien de plus magnifiquement et mystérieusement banal. Tout artiste s’intéresse aux femmes depuis la nuit des temps et pour toujours je crois.
Elles sont une source intarissable de mystère, d’évidence, de fragilité, de force, de douceur, de férocité, de liberté… Un paradoxe en somme.

Tu insistes aussi sur des sujets plus en relation avec la société, est ce qu’il y a des sujets qui te tiennent plus à cœur que d’autres ?

Thomas Mainardi : Comme tu l’as dit, la femme, mais surtout l’Homme, ce prisme aux multiples facettes, plus globalement, les sociétés humaines, mais aussi la Nature, la place de l’Homme dans la Nature, la place de l’Homme dans le Cosmos, le sens de la vie, les paradoxes humains, la mélancolie, la violence, le pouvoir, l’argent, la sexualité, la séduction, la spiritualité, Dieu, les religions qui en découlent et ce que l’on en fait, la Vie, les différentes cultures humaines, la société de consommation, l’écologie, l’Histoire de l’Art, l’éphémère de l’existence, la Mort. L’Amour, avant tout.

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Quelles sont tes sources d’inspiration ?

Thomas Mainardi : Comme je te le disais c’est la vie contemporaine qui guide mon travail, le sens de la vie et de l’amour. L’identité humaine au sein des différentes sociétés à travers le monde, le plus souvent en occident.   Donc tout ce qui m’entoure et que je perçois consciemment ou inconsciemment m’imprègne forcément et m’inspire…

Je fonctionne par phases, en fonction de mes envies ou besoins de peindre du moment. Parfois, je m’oriente vers une démarche purement esthétique, parfois je donne d’avantage à la toile une dimension conceptuelle en y laissant transparaître des codes et des messages secondaires ou entrelacés, que l’on ne perçoit pas forcément à la première lecture.

Je pense que la première chose qui frappe l’œil du spectateur ou visiteur lors d’une exposition est le côté éminemment graphique et la force émotionnelle de mes personnages ou des sujets.

Des notions sont récurrentes. Comme celles qui ont trait aux déviances ou qualités de l’Homme : le pouvoir, l’argent, la guerre, la superficialité, la séduction, la passion, la peur, le doute, la rage, le sacrifice, ou encore l’amour… Mais aussi les points sur lesquels faire réagir les gens tels que le respect de la nature, les droits de l’homme, l’individu face aux phénomènes de masse, l’égocentrisme qui naît de la médiatisation galopante, la recherche de la notoriété, le culte de la personne, etc…

Quelles sont les prochaines dates importantes pour toi dans les mois à venir ?

thomas mainardi street art

Thomas Mainardi : J’ai actuellement une dizaine d’expositions collectives en cours en France et à l’étranger.
Il y a par exemple ds nouvelles représentations permanentes à la Galerie Next de Toulouse, mais aussi à la Galerie Spolnik de Saint-Maur-des-Fossés.

Et toujours des représentations permanentes à Graz en Autriche, à la Galerie Lendnine, ou à la Galerie Montmartre à Paris.

Bientôt une exposition chez Clarance, magnifique Hotel 5 étoiles à Lille et un beau solo show devrait être mis en place en 2016 à São Paulo, au Brésil. Je vous propose de rejoindre mon site www.thomasmainardi.com pour vous tenir informés ou encore ma page Facebook.

Quelque chose à rajouter ?

Thomas Mainardi : Rien, si ce n’est que je te remercie, ainsi que les lecteurs de Cultures Urbaines qui prendront le temps de nous lire. Et bien sûr je tiens à nous souhaiter à tous pour 2016, un avenir toujours meilleur, tendant vers le beau, le lumineux et le grand…

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