Interview de Lambert Stroh l’un des rédacteurs en chef de Hobbies, la revue semestrielle sur les loisirs, surtout sur les plus improbables.

Bonjour Lambert, tu es le directeur de la publication de la revue Hobbies, est-ce que tu peux nous présenter un peu la bête ? 

Hobbies est une revue papier semestrielle de 90 pages qui traite des loisirs sous toutes leurs formes, surtout les plus improbables. Tu trouveras à l’intérieur des hobbies liés aux sports, au monde associatif, aux collectionneurs, etc. On a essayé de viser le plus large possible. De la même manière, on a employé une grande diversité de formes journalistiques. On a ainsi utilisé l’entretien, le reportage et l’enquête mais aussi la série photographique, la bande dessinée et l’illustration. On peut dire que « diversité » était notre maître-mot durant la conception de ce premier numéro.

Tu penses qu’on a bien fait de t’interviewer sur notre site consacré aux cultures urbaines? 

Carrément ! Si, en effet, certains loisirs ont peu à voir avec les cultures urbaines, d’autres, par contre, sont complètement dans le thème. Tu trouveras ainsi dans nos pages un billet d’humour sur le running ou le récit d’une nuit passée sur le siège passager d’un street-racer dans les rues de Moscou… Dans ces deux articles, et dans de nombreux autres, le bitume est le terrain de jeu des passionnés et le streetwear, leur uniforme.

revue hobbies loisirs 3Il y a d’autres hobbies en rapport avec les cultures urbaines sur lesquelles vous aimeriez écrire ? 

Bien sûr, le street-workout ou encore les nouvelles formes de ride liées à l’apparition du Segway, de l’oxboard ou du solowheel… D’ailleurs, si parmi tes lecteurs, il y a des passionnés qui souhaiteraient faire connaitre leur passe-temps, qu’ils n’hésitent pas à nous contacter !

Comment avez vous eu l’idée de ce concept ? 

Avec Grégoire, qui est le second rédacteur en chef sur le projet, on adore écrire pour notre compte. On avait déjà édité deux fanzines étant plus jeunes. Et ça nous disait bien de remettre ça, mais de manière plus professionnelle. Pour ce qui est du sujet, on a toujours eu une fascination pour les mecs qui passent leur fin de journée dans leur caves ou dans leur grenier à bricoler, trafiquer, collectionner des objets étranges. On est très attentif à ce genre de pratiques curieuses. Quelles soient le fait d’un seul individu ou d’une communauté, dans tout les cas, il y a matière à faire un bon article et souvent de belles photographies. C’est donc naturellement que l’on a choisit ce sujet pour notre petite aventure éditoriale.

D’ailleurs, pourquoi avoir choisit la forme d’une revue papier semestrielle ? 

Si la presse est en crise et que des titres phares des dernières décennies sont en train de disparaître ou de se faire racheter pour une bouchée de pain par de grands groupes média, il se trouve que d’autres éditions apparaissent et se portent bien. C’est le cas de So Press et aussi des « mook » et revues comme Audimat, Schnok ou Usbeck et Rica. Alors que des mastodonte coulent, de jeunes acteurs réussissent progressivement à s’imposer, soit par ce qu’ils sont éditorialement innovant, soit par ce que leur forme, leur périodicité est originale. En somme, ce que j’essaye de dire c’est que tout ne va pas si mal dans la presse et qu’il est encore possible de s’imposer si tu as de la suite dans les idées. On a donc décidé de faire, sur le modèle de ce qu’on aime lire, un mook. Une revue dans laquelle on prend le temps de traiter chaque sujet. Illustrer de la plus belle manière possible, et à la périodicité longue, afin que nos lecteurs puissent feuilleter à leur rythme nos 90 pages, sans être bousculé par une nouvelle édition toutes les semaines.

revue hobbies loisirs

C’était ma prochaine question, il y a un véritable travail sur la photographie, l’illustration et la mise en page dans Hobbies ? D’autant plus mis en valeur, qu’il n’y a pas de publicité dans ce premier numéro… 

Oui, c’est avant tout grâce à Louise de Montalembert, notre graphiste qui a chapeauté tout l’aspect graphique de Hobbies. C’est elle qui est allée chercher de jeunes talents qu’elles suivaient sur internet ou des amis à elle qui ont un coup de crayon ou un oeil de photographe remarquable. On peut notamment citer Victor Poullain, Hugo Denis-Queinec, Emma Le Doyen et Kevin EL Amrani. Du coup, en effet, on est très fier du résultat. Pour ce qui est de la publicité, il nous tenait à cœur d’auto-financer ce premier numéro. De montrer qu’on était capable de le faire sans aucune assistance. Pour ce qui est de la suite, par contre, toutes les options sont encore possible…

Vous n’êtes diffusé qu’à Paris ? 

Pour le moment, on est dans un réseau de librairies et de concept-store exclusivement parisiens. Ce n’est pas véritablement par choix. On s’est lancé dans l’aventure Hobbies sans connaitre grand chose au secteur de la presse et à sa distribution, Du coup, on s’est concentré sur ce qui nous paraissait évident : notre ville natale et de belles librairies dans lesquelles on serait content de voir notre revue. Mais pourquoi pas imaginer un tout autre système de diffusion pour le second numéro. On réfléchit… Mais c’est sûr qu’on adorerait être distribué dans le reste de l’Ile de France et dans les grandes villes de province…

C’est donc ça la suite pour Hobbies ? 

Beaucoup de brainstorming pour tenter de créer un modèle économique viable sur le long terme, oui. Trouver le réseau de distribution le plus adéquate et le plus large possible. Et surtout, proposer une mise en page et un sommaire toujours plus qualitatif pour le second numéro. Souhaitez nous bonne chance dans cette aventure !

Site : http://revue-hobbies.com/

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